Coalition nationale Syrienne : vers une reconnaissance officielle ?

jeudi 22 novembre 2012

À défaut d’une reconnaissance officielle par tous les États membres, l’Union européenne (UE) a reconnu la coalition nationale des forces et de la révolution et de l’opposition syrienne, dans ses conclusions du Conseil européen des Affaires étrangères du 19 novembre à Bruxelles, comme les « représentants légitimes des aspirations du peuple syrien ». Si l’UE « salue » l’accord, conclu le 11 novembre à Doha portant création de cette coalition, qu’elle considère comme « une étape majeure vers la nécessaire unité de l’opposition syrienne » et se dit « prête à [la] soutenir dans ses efforts et ses relations avec la communauté internationale », elle fait part de ses inquiétudes et conditions en déclarant « espérer » qu’elle « continuera d’œuvrer en faveur d’une participation de toutes les parties » et « qu’elle respectera les principes des droits de l’Homme et de la démocratie ». Elle l’enjoint, en outre, à se rapprocher de l’émissaire de l’ONU et à « présenter son programme de transition politique en vue de constituer une solution de rechange crédible au régime actuel. »

 

La France, premier pays occidental à reconnaître la nouvelle coalition de l’opposition syrienne dirigée par le cheikh Ahmad Moaz al-Khatib comme « la seule représentante légitime du peuple syrien », espère entraîner les pays européens à faire de même. Mais cette reconnaissance officielle, qui relève de chaque État et qui pourrait être suivie de la levée de l’embargo européen sur les « armes défensives » évoquée par Laurent Fabius, n’est pas totalement acquise. La coalition devra encore faire ses preuves car, comme l’a souligné Jean Asselborn, le ministre des Affaires étrangères luxembourgeois, « tout le monde est d’accord pour une reconnaissance à terme, mais il demeure des nuances ». Cependant elle avance : l’Italie a rejoint la France, la Turquie et les monarchies du Golfe dès lundi, suivie ce mardi par le Royaume-Uni. Les dirigeants de la coalition devraient être invités au prochain Conseil européen des Affaires étrangères à Bruxelles à la mi-décembre, a déclaré Laurent Fabius qui y voit « un symbole important ».

Anne-Laure Chanteloup

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