2012, année la plus meurtrière pour les journalistes

jeudi 20 décembre 2012

Ce mercredi, l’ONG Reporters sans frontières (RSF) a publié un bilan annuel alarmant. Il révèle que 2012 a été l’année la plus meurtrière pour les journalistes depuis leur premier bilan en 1995. 88 journalistes ont perdu la vie en exerçant leur métier cette année, ce qui représente une hausse de 33% par rapport à 2011, ainsi que 47 citoyens-journalistes, soit une hausse de 840%, et 6 collaborateurs des médias. Selon RSF, ils ont été victimes de la couverture de conflits ou d’attentats, ou assassinés par des groupes liés au crime organisés, des milices islamistes ou sur ordre d’officiels corrompus. En outre, 1993 journalistes ont été agressés ou menacés, 73 journalistes ont été contraints de fuir leur pays et, malgré une baisse relative par rapport à 2011, on compte encore 879 arrestations et interpellations et 38 enlèvements de journalistes en 2012.

 

Selon Christophe Deloire, secrétaire général de RSF, « Le nombre historiquement élevé de journalistes tués en 2012 est principalement imputable au conflit en Syrie, au chaos en Somalie et à la violence des taliban au Pakistan. L’impunité dont jouissent les auteurs d’exactions encourage la poursuite des violations des droits de l’homme, en particulier de la liberté de l’information ». En effet, le classement établi par RSF présente la Syrie comme le pays le plus meurtrier pour les journalistes avec 65 acteurs de l’information tués. Elle est suivie par la Somalie, le Pakistan (en particulier la région du Baloutchistan), le Mexique puis le Brésil. Quant aux cinq pays qui comptent le plus grand nombre de journalistes emprisonnés, il s’agit de la Turquie, de la Chine, de l’Erythrée, de l’Iran puis de la Syrie.

 

Selon l’ONG « les violences commises à l’encontre des journalistes demeurent l’une des plus grandes menaces pour la liberté d’expression. En premier lieu, les assassinats. » À l’instar de RSF, la France rappelle que les résolutions du Conseil de sécurité réaffirment la nécessité pour les États d’assurer la protection des journalistes, y compris dans les conflits armés, et de poursuivre en justice les auteurs des violences commises à leur encontre. Elle souhaite également rendre « hommage à tous ceux qui, au risque de leur vie, se battent pour la liberté de la presse et le droit à l’information ».

Anne-Laure Chanteloup

 

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