François Bayrou devra « changer la forme de » son « engagement »

lundi 18 juin 2012

Après la présidentielle, son élection semblait être une gageure, les résultats du second tour des législatives l’ont confirmé. Régulièrement élu député de la 2e circonscription des Pyrénées-Atlantiques depuis 1986, François Bayrou n’a, cette fois, obtenu que 30,17% des suffrages dans « son pays » face à son adversaire socialiste victorieuse, Nathalie Chabanne (42,78%) et le candidat UMP Eric Saubatte (27,04%).

 

Le troisième homme de 2007 voit dans cette défaite le prix du « geste courageux » qu’il a fait « sans rien marchander » au second tour de l’élection présidentielle. Malgré les hésitations de certains au sein du PS, Martine Aubry a décidé, comme l’UMP, de maintenir son candidat face à celui qui a soutenu à titre personnel François Hollande. Dans cette triangulaire, le « centriste indépendant », n’a pas su trouver grâce auprès des électeurs de gauche, qui n’ont pas tenu compte de son choix et a été sanctionné par les électeurs de sensibilité de droite, qui n’ont pas compris son vote.

 

Dans son allocution, le candidat malheureux ne dit au revoir, ni aux Béarnais, ni à la politique. Celui qui est encore conseiller municipal de Pau a déclaré qu’il devra « changer la forme de » son « engagement » et « prendre le recul qui s’impose quand on n’a pas réussi, au moins momentanément, à convaincre les siens », mais il ajoute que « l’heure de vérité vient », « il se passera moins de temps qu’on ne le croit avant que ce peuple français n’exige des institutions rééquilibrées, des hommes d’État à la volonté ferme et à l’esprit ouvert (…) » et « le jour où les Français imposeront cette conscience et cette volonté nouvelle je serai, et nous serons, au milieu d’eux ».

 

Outre le chef de file, les autres candidats du parti n’ont pas réussi à rassembler les électeurs. Sur les sept candidats des rangs du « Centre pour la France » - label lancé par le MoDem regroupant quelques 400 candidats - encore en lice au second tour, seuls trois viendront siéger au Palais Bourbon : Thierry Robert élu à la Réunion, Jean Lassalle réélu dans les Pyrénées-Atlantiques et Philippe Folliot (membre de l’Alliance centriste soutenu par le « Centre pour la France ») réélu dans le Tarn.

Anne-Laure Chanteloup

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